Dégât des eaux : les réflexes des 48 premières heures
Un dégât des eaux dans un appartement loué se règle, ou dérape, dans les deux premiers jours. Passé ce délai, l’eau a eu le temps de traverser un plancher, la peinture du voisin a gonflé, et une intervention de plomberie s’est transformée en chantier avec expertise.
Voici ce qu’il faut faire dans l’ordre, que vous soyez sur place ou à quatre mille kilomètres.
Heure zéro : arrêter l’eau
Le premier réflexe n’est ni d’appeler l’assurance ni de chercher un responsable, c’est de couper l’arrivée d’eau. Dans la plupart des appartements israéliens, la vanne d’arrêt se trouve dans la gaine technique près de l’entrée, ou dans le placard du chauffe-eau.
C’est une information que tout locataire devrait avoir reçue le jour de son entrée dans les lieux. Elle a sa place dans l’état des lieux, avec une photo de l’emplacement de la vanne. Cela paraît excessif jusqu’au jour où quelqu’un cherche cette vanne à minuit.
Heure une : photographier avant de nettoyer
La tentation naturelle est d’éponger. Il faut d’abord photographier : l’origine de la fuite, l’étendue de l’eau, les meubles touchés, les traces sur les murs et les plafonds, chez vous et chez le voisin si l’eau est passée.
Ces photographies horodatées sont ce qui permettra de déterminer l’origine du sinistre et de faire jouer la bonne assurance. Sans elles, tout se discute de mémoire, plusieurs semaines après, devant un expert.
Premières heures : identifier d’où vient l’eau
La question détermine qui paie, et elle se pose en trois branches.
| Origine | Qui prend en charge |
|---|---|
| Appareil du locataire : machine à laver, lave-vaisselle, tuyau souple | Assurance responsabilité civile du locataire, צד ג׳ |
| Canalisation encastrée, chauffe-eau, installation fixe | Assurance du bâti, à la charge du propriétaire |
| Colonne commune, toiture, étanchéité des parties communes | Assurance de la copropriété, via le vaad bayit |
Un plombier identifie l’origine en une visite. C’est un coût modeste au regard de ce qu’il évite : sans ce diagnostic, chaque assurance renvoie vers l’autre et les semaines passent pendant que les dégâts s’aggravent.
Dans les 24 heures : déclarer
Les contrats prévoient généralement un délai de déclaration court, souvent quelques jours ouvrés. Déclarer tôt ne coûte rien, même si l’origine n’est pas encore établie ; déclarer tard peut suffire à faire refuser la prise en charge.
Si des voisins sont touchés, il faut les prévenir immédiatement, même quand la responsabilité n’est pas établie. Un voisin informé le jour même reste un interlocuteur ; le même voisin qui découvre l’origine trois semaines plus tard devient un adversaire.
Dans les 48 heures : assécher
C’est l’étape que l’on néglige le plus, et celle qui coûte le plus cher quand on la néglige. Une cloison ou un plancher qui reste humide développe des moisissures, et ce qui aurait été une reprise de peinture devient une dépose de revêtement.
En Israël, la chaleur aide, mais elle ne suffit pas dans une pièce fermée. Ventiler, ouvrir, et faire intervenir un déshumidificateur si la surface touchée est importante.
Ce qui change quand on est à l’étranger
Tout ce qui précède suppose une décision rapide. Un propriétaire qui vit en France découvre souvent le sinistre par un message de son locataire, décalé de plusieurs heures, et se trouve dans l’incapacité d’envoyer quelqu’un.
C’est précisément le cas de figure où une gestion sur place change la nature du problème. Le locataire appelle un numéro local, quelqu’un se déplace, coupe l’eau, photographie, appelle un plombier connu, prévient les voisins et déclare le sinistre. Le propriétaire reçoit un compte rendu, et un devis s’il y a des travaux à sa charge.
Sans cela, la chaîne repose entièrement sur le locataire, qui n’a ni les mêmes obligations ni le même intérêt.
Ce qui aurait pu être évité
Une partie des dégâts des eaux que nous traitons proviennent de causes connues et vérifiables à l’avance :
- Les tuyaux souples de machine à laver et de lave-vaisselle, qui se fissurent après quelques années.
- Les chauffe-eau anciens, dont la cuve finit par percer.
- Les joints de douche et de baignoire, qui laissent passer l’eau vers la dalle sans qu’on le voie.
- L’étanchéité des balcons et terrasses, mise à l’épreuve à chaque hiver.
Ces quatre points se vérifient lors des visites semestrielles que nous effectuons dans les biens que nous gérons. Un tuyau remplacé coûte quelques dizaines de shekels. Le même tuyau qui lâche coûte un plafond.
Cet article décrit une pratique de terrain et ne remplace ni votre contrat d’assurance ni l’avis d’un expert. Les délais et les exclusions varient d’un contrat à l’autre : vérifiez les vôtres avant d’en avoir besoin.
Gestion locative en Israël pour propriétaires francophones. Bureaux à Netanya, 26 Dizengoff. Une question sur votre bien ? Écrivez-nous.