Certificat de propriété et inheritance Israeli Land Registry
Pour obtenir le certificat de propriété après un décès en Israël, vous devez d’abord obtenir un tsav yerusha auprès du tribunal de la famille ou une ordonnance notariale si la succession est simple. Ce document officiel prouve votre qualité d’héritier et permet de mettre à jour l’inscription au tabou. Sans cette étape, le transfert des droits de propriété sur l’appartement reste impossible et les comptes bancaires du défunt demeurent bloqués.
Le rôle du tribunal de la famille dans l’obtention du tsav yerusha
La procédure de succession en Israël dépend de la présence ou de l’absence d’un tzava’a. Si le défunt a laissé un testament, la procédure s’adresse au tribunal de la famille pour valider les dispositions prises. Si aucun testament n’existe, les héritiers doivent solliciter le tsav yerusha, qui est l’ordonnance de succession délivrée par le tribunal de la famille. Cette ordonnance liste les ayants droit et définit les parts de chacun dans la masse successorale.
Dans certains cas spécifiques, notamment lorsque la succession ne comporte que des actifs mobiliers ou des montants limités, un notaire peut délivrer une ordonnance de succession. Cette voie est plus rapide que le passage devant le tribunal, mais elle ne permet pas toujours de modifier directement les inscriptions foncières complexes. Nous conseillons de vérifier la nature des actifs avant de choisir la voie juridique.
Le droit israélien se distingue radicalement du droit français par l’absence de notion de réserve héréditaire. En France, vous ne pouvez pas déshériter vos enfants. En Israël, si un tzava’a est valide et conforme aux règles de forme, le propriétaire peut léguer ses biens à qui il souhaite, même en dehors de son cercle familial immédiat. Cette liberté de tester modifie totalement la gestion des héritiers qui doivent d’abord vérifier l’existence d’un testament avant de demander un tsav yerusha de droit commun.
Vérifier la propriété au tabou avant toute démarche successorale
Avant d’entamer les procédures auprès du tribunal, vous devez confirmer l’état réel de la propriété. Nous procédons à l’extraction d’un extrait du registre foncier, le tabou, pour vérifier que le bien est bien inscrit au nom du défunt. Cette vérification permet de confirmer que l’identité du propriétaire dans le registre correspond exactement aux informations de sa teoudat zeout. Une erreur de numéro d’identité ou une faute dans l’orthographe du nom peut bloquer la procédure de transfert pendant plusieurs mois.
L’examen du tabou sert également à identifier les charges grevant l’appartement. Nous recherchons la présence d’hypothèques, de privilèges ou de droits de tiers qui pourraient affecter la succession. Si le défunt avait contracté un prêt immobilier, la banque est inscrite sur le registre. Les héritiers héritent de la propriété, mais aussi de la dette associée au bien. Il est inutile de lancer une procédure de succession en Israël : obtenir un certificat de propriété sans avoir une vision claire de l’endettement inscrit sur le titre.
Nous recommandons de dresser la liste suivante lors de votre première consultation du registre :
- Le numéro de la parcelle et du bloc foncier.
- L’identité complète du propriétaire inscrite au registre.
- L’existence d’une hypothèque (mashkanta) en faveur d’une banque.
- Les éventuelles servitudes de passage ou de vue.
- La concordance entre la teoudat zeout du défunt et l’inscription foncière.
L’impact de la succession sur les obligations de la vaad bayit et de l’arnona
Le décès du propriétaire ne suspend pas les charges liées à l’immeuble ou à la municipalité. La vaad bayit, l’organisme chargé de la gestion de la copropriété, continue d’émettre ses appels de fonds. Les charges de maintenance, d’ascenseur ou de nettoyage doivent être réglées pour éviter que l’immeuble ne mette en œuvre des procédures de recouvrement contre l’appartement. Les héritiers sont responsables de ces paiements dès l’ouverture de la succession.
De même, la arnona, la taxe municipale d’habitation, continue de courir. La mairie ne suspend pas la taxation en attendant que le tsav yerusha soit délivré. Il est nécessaire de maintenir les paiements pour éviter l’accumulation d’intérêts de retard ou des saisies administratives. Si l’appartement est vacant, le montant de l’ arnona reste identique à celui d’un bien occupé, sauf cas particuliers de réduction pour résidences principales, ce qui n’est pas le cas ici.
La responsabilité des héritiers s’étend aux dettes contractées par le défunt avant son décès. Si le défunt avait des impayés de vaad bayit ou d’ arnona, ces dettes font partie de la masse successorale. Les créanciers peuvent se retourner contre les biens de la yerusha pour obtenir le paiement. Nous conseillons de demander un état de compte actualisé auprès de la mairie et du syndic de l’immeuble dès le début des démarches.
| Type de charge | Organisme collecteur | Conséquence du décès |
|---|---|---|
| Taxe d’habitation | Mairie (Arnona) | Paiement maintenu, risque de saisie administrative. |
| Charges de copropriété | Syndic (Vaad Bayit) | Paiement maintenu, les dettes passent à la succession. |
| Électricité / Eau | Compagnies locales | Continuité du service, facturation au nom du défunt ou des héritiers. |
Gérer les équipements techniques du bien durant la période de transition
Un appartement laissé vide durant la période de transition successorale subit les aléas techniques. Le doud shemesh, le chauffe-eau solaire, nécessite une attention particulière. Une fuite sur le réservoir peut causer des dégâts des eaux importants dans l’appartement et chez les voisins. Nous préconisons de faire vérifier l’étanchéité du système par un plombier avant de laisser le bien sans surveillance prolongée.
Le mazgan, le climatiseur, est un autre élément critique. En Israël, l’absence de climatisation peut entraîner une humidité excessive dans l’appartement, dégradant les peintures et les équipements. Nous procédons à un test de fonctionnement des unités de climatisation pour s’assurer qu’elles ne sont pas défectueuses. Si vous envisagez de mettre le bien en location après avoir obtenu le certificat de propriété, la remise en état de ces équipements est une étape préalable indispensable.
Avant toute mise en location par les héritiers, nous recommandons de faire venir un professionnel pour une inspection du bâtiment (bedek bayit). Cette inspection permet de dresser un état des lieux technique précis. Elle évite que les héritiers ne soient tenus responsables de dégradations préexistantes. L’inspection doit porter sur :
- L’état de la plomberie et du doud shemesh.
- Le fonctionnement des systèmes de climatisation (mazgan).
- L’état des installations électriques.
- L’étanchéité des fenêtres et des portes.
- L’état général des surfaces (murs, sols, plafonds).
La transmission des biens issus d’une yerusha ou d’un tzava’a
La transmission des biens immobiliers suit deux voies distinctes. Dans le cadre d’une yerusha légale (sans testament), les biens sont répartis selon les règles de la loi de succession israélienne. Dans le cadre d’un tzava’a, la répartition suit strictement les volontés du défunt. Dans les deux cas, la réception du tsav yerusha est le document déclencheur qui permet d’engager les démarches auprès du tabou.
Une fois le tsav yerusha obtenu, les héritiers doivent procéder au transfert de propriété. Cela consiste à présenter l’ordonnance au registre foncier pour que les noms des nouveaux propriétaires soient inscrits. Si le bien appartient à plusieurs héritiers, ils deviennent co-propriétaires. Cette étape est cruciale si vous souhaitez ensuite acheter ou vendre en Israël, car aucun acte de vente ne peut être validé sans une chaîne de propriété ininterrompue et à jour.
La différence de traitement réside dans la complexité de la preuve. Pour une succession légale, le tribunal applique une grille de répartition automatique. Pour une succession testamentaire, le tribunal doit vérifier la validité du tzava’a, ce qui peut inclure des vérifications sur la capacité mentale du testateur au moment de la rédaction. Nous vérifions la conformité du testament avec les exigences locales pour éviter toute contestation ultérieure par des héritiers évincés.
Les obligations fiscales liées à la transmission immobilière
La transmission d’un bien immobilier déclenche des obligations déclaratives auprès de la reshut ha-misim. Si les héritiers décident de vendre le bien rapidement, ils sont soumis au mas shevach, l’impôt sur la plus-value immobilière. Le calcul de cet impôt se base sur la différence entre la valeur du bien au moment du décès et le prix de vente effectif. Il est nécessaire de consulter les règles de calcul spécifiques pour les héritiers, car certains abattements peuvent s’appliquer selon la durée de détention.
Si les héritiers conservent le bien et le mettent en location, les revenus perçus sont soumis au mas hachnasa, l’impôt sur le revenu. Les déclarations doivent être effectuées annuellement auprès de la reshut ha-misim. Le mode de calcul dépend de si l’héritier est résident fiscal israélien ou non. Pour les propriétaires résidant en France, la question de la double imposition est centrale. Nous vous conseillons de consulter notre article sur le Certificat de résidence fiscale en Israël : règles et démarches pour comprendre comment éviter de payer deux fois le même impôt.
Pour déterminer la base d’imposition, les héritiers doivent suivre cette méthode :
- Identifier la valeur vénale du bien à la date du décès (souvent via une évaluation professionnelle).
- Calculer les frais de transaction et les frais liés à la succession.
- Déduire les éventuelles dettes liées au bien (comme la mas hachnasa sur les revenus antérieurs).
- Appliquer les taux en vigueur pour le mas shevach sur la plus-value constatée.
Avant de signer tout document de succession, demandez systématiquement un extrait du tabou daté de moins d’un mois. Cela garantit que vous agissez sur la base d’une propriété dont l’état de charge est parfaitement connu et que les droits du défunt n’ont pas été modifiés par une inscription de dernière minute.
Gestion locative en Israël pour propriétaires francophones. Bureaux à Netanya, 26 Dizengoff. Une question sur votre bien ? Écrivez-nous.