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26 Dizengoff, Netanya
GIIGestion immobilière en Israël

17 septembre 2026 · Marché immobilier

Expulser locataire bail terminé en Israël : le propriétaire absent


En Israël, un locataire dont le bail est expiré ne peut pas être évincé par le propriétaire seul. L’auto-évacuation est illégale. La seule voie légitime pour récupérer la possession de l’appartement est une procédure judiciaire devant le tribunal de district. Ce processus, appelé Evik Ha-Darom, exige une mise en demeure écrite préalable, le dépôt d’une requête et l’intervention d’un huissier de justice pour l’exécution physique.

La situation de « tenancier » : l’absence d’expulsion immédiate en Israël

Dès l’expiration du bail, le locataire qui reste sur place devient un occupant de fait. En droit israélien, cette situation crée une protection stricte contre l’ingérence du propriétaire. Contrairement à ce que certains propriétaires francophones imaginent, il n’existe pas de délai de grâce automatique qui permettrait de changer les serrures ou de faire retirer les affaires du locataire par la force. Toute tentative d’évacuation sans jugement expose le propriétaire à des poursuites pénales pour intrusion ou vol, et à des dommages et intérêts civils.

La différence avec la France est fondamentale. En France, la procédure d’expulsion existe mais le propriétaire peut parfois négocier une sortie amiable sans jugement immédiat si le bail est précaire ou en fin de contrat. En Israël, la possession physique est protégée par le tribunal. Tant qu’une ordonnance d’expulsion n’a pas été rendue et exécutée, le locataire a le droit d’occuper les lieux. Il doit théoriquement verser un loyer au titre de l’occupation indue, mais cette somme n’est pas due sur la base du contrat initial, qui est terminé. Elle est calculée selon la valeur locative du marché à la date de l’occupation.

Le tribunal de district local est l’unique instance compétente pour trancher le droit à la possession. Le propriétaire ne peut pas faire appel à un serrurier ou à un gardien pour forcer la porte. La première étape est donc juridique, non physique. Le propriétaire doit accepter que le locataire reste dans l’appartement jusqu’à ce que la justice ordonne le contraire. Cette attente peut durer plusieurs mois. C’est le prix à payer pour éviter une procédure annulable et coûteuse.

La mise en demeure écrite : formalités et contenu requis

Avant de saisir la justice, le propriétaire doit notifier formellement au locataire sa volonté de récupérer l’appartement. Cette mise en demeure n’est pas une simple courtoisie ; c’est une pièce maîtresse du dossier judiciaire. Elle doit être rédigée en hébreu, la langue officielle du tribunal, ou accompagnée d’une traduction certifiée si le locataire ne la maîtrise pas. Le courrier doit préciser la date d’expiration du bail et exiger la libération des lieux. Il ne suffit pas de demander la résiliation du contrat ; il faut exiger l’évacuation.

Le délai de préavis à respecter dépend du contrat initial. Si le bail stipulait un préavis de trente ou quatre-vingt-dix jours, ce délai s’applique à la demande de résiliation. Une fois le bail expiré, la demande d’évacuation peut être immédiate, mais il est prudent d’accorder un délai raisonnable, souvent de quatorze jours, pour permettre au locataire de déménager. Ce délai doit être clairement indiqué dans la lettre.

L’envoi du courrier doit être tracé. Utilisez la poste israélienne avec accusé de réception, ou remettez le courrier en main propre contre signature. Une simple lettre glissée sous la porte ou un message électronique ne constitue pas une preuve incontestable en cas de contestation. Le locataire pourrait affirmer ne jamais avoir reçu la notification. La preuve de l’envoi et de la réception est essentielle pour prouver au tribunal que vous avez agi de bonne foi et avez respecté les étapes préalables.

  • Rédiger la lettre en hébreu ou avec traduction certifiée.
  • Préciser la date d’expiration du bail et la demande d’évacuation.
  • Indiquer un délai raisonnable pour la libération des lieux.
  • Envoyer par recommandé avec accusé de réception.
  • Conserver une copie du courrier et du bordereau de suivi.

Le dépôt de la requête au tribunal : la procédure de Evik Ha-Darom

Une fois la mise en demeure envoyée et le délai écoulé sans libération, le propriétaire doit déposer une requête au tribunal de district. Cette procédure s’appelle Evik Ha-Darom, littéralement « expulsion du domicile ». Le formulaire est disponible auprès du greffe ou sur le site du tribunal. Il faut y indiquer les coordonnées du propriétaire et du locataire, ainsi que la nature de la demande.

Les pièces justificatives à joindre sont déterminantes. Il faut fournir une copie du bail, la preuve de l’envoi de la mise en demeure (le bordereau de suivi de la poste ou la signature du locataire), et la preuve de la propriété. Cette dernière est le tabou, le registre foncier qui atteste que vous êtes bien le propriétaire légal de l’appartement. Sans cette preuve, le tribunal ne peut pas statuer sur votre droit à la possession.

Les frais de tribunal doivent être avancés par le propriétaire. Ils comprennent les frais de dépôt de la requête et les frais de notification au locataire. Si le locataire perd, ces frais peuvent lui être réclamés par le jugement, mais il est rare qu’il les rembourse spontanément. Il faut donc les budgétiser comme une dépense initiale.

La requête doit démontrer que l’occupation est devenue illégale. Il ne s’agit pas seulement d’un retard de paiement, mais d’une occupation sans titre après expiration du bail. Le tribunal vérifiera que vous avez respecté les étapes préalables. Si la mise en demeure était mal formulée ou non prouvée, la requête peut être rejetée. La précision administrative est cruciale à ce stade.

Pièce justificative Rôle dans la procédure
Copie du bail Prouve l’existence de la relation contractuelle et sa date de fin.
Preuve d’envoi de la mise en demeure Démontre que le locataire a été informé de la demande d’évacuation.
tabou (registre foncier) Atteste de la propriété du bien par le demandeur.

L’audience et le rôle de l’avocat local : éviter les pièges procéduraux

Le propriétaire doit être représenté par un avocat spécialisé en droit immobilier. Un avocat généraliste peut manquer les nuances procédurales spécifiques aux affaires d’expulsion. L’avocat local connaît les pratiques du tribunal de district concerné et les juges qui y siègent. Il prépare la stratégie de plaidoirie et répond aux objections du locataire.

L’audience est souvent une formalité si les preuves sont solides, mais le locataire peut soulever des contre-arguments. Il peut alléguer des défauts dans l’appartement, comme une panne de doud shemesh (chauffe-eau solaire) non réparée ou un problème de mazgan (climatiseur). Ces allégations visent à retarder la procédure ou à obtenir une réduction de l’indemnisation. L’avocat doit être prêt à réfuter ces points avec des preuves de maintenance ou de factures de réparation.

Le tribunal privilégie la conciliation. Le juge peut proposer une médiation pour trouver un accord sur la date de départ et le règlement des arriérés. Si l’occupation est de mauvaise foi, le juge peut ordonner l’expulsion rapidement. La présence physique du propriétaire n’est pas obligatoire, mais il doit être représenté par procuration. Un propriétaire absent doit s’assurer que son avocat a toutes les instructions écrites nécessaires pour agir en son nom.

Le jugement et l’exécution : le rôle du Shomer Bet Din

Si le tribunal statue en faveur du propriétaire, il rend une ordonnance d’expulsion, appelée Pikudon Evik. Cette ordonnance fixe un délai pour que le locataire quitte les lieux, souvent de quatorze à trente jours. Si le locataire ne part pas dans ce délai, le propriétaire doit demander l’exécution forcée.

L’exécution est réalisée par le Shomer Bet Din, l’huissier de justice du tribunal. C’est lui, et non le propriétaire, qui procède à l’évacuation physique. Le propriétaire n’a pas le droit d’entrer seul dans l’appartement avant l’exécution, même s’il a les clés. Toute entrée sans l’huissier peut annuler la procédure et exposer le propriétaire à des poursuites.

Les frais de l’huissier sont à la charge du locataire défaillant, mais il est rare qu’il les paie. Le propriétaire doit souvent les avancer ou les accepter comme une perte. L’huissier organise le déménagement des biens du locataire, souvent vers un entrepôt, et remet les clés au propriétaire. Cette étape est coûteuse et doit être anticipée financièrement.

La remise des clés et l’état des lieux contradictoire

Une fois les clés remises par l’huissier, le propriétaire doit procéder à une inspection du bâtiment, ou bedek bayit, par un professionnel tiers. Cette inspection permet de constater les dégradations éventuelles. En Israël, il n’y a pas d’obligation légale d’un « état des lieux d’entrée » opposable comme en France, mais la preuve photographique et le rapport du professionnel sont essentiels pour réclamer des dommages et intérêts.

Il faut notifier le vaad bayit (copropriété) pour mettre à jour le registre des occupants. Le vaad bayit doit être informé que le locataire a été évincé et que le bien est vacant. Cela permet de cesser la facturation des charges à l’ancien locataire et de préparer la remise des clés au nouveau locataire ou à la vente.

La remise des clés s’organise comme pour toute transaction. Si le bien est vendu, la procédure de Remise des clés d’un appartement vendu en Israël : organiser la procédure s’applique. Si le bien est loué à nouveau, il faut s’assurer que l’appartement est en bon état avant de signer un nouveau bail.

Le recouvrement des arriérés et la gestion du shtar ’hov

La récupération des lieux ne règle pas la question des loyers impayés. Ce sont deux procédures distinctes. Si le locataire a signé un shtar ’hov (billet à ordre) à l’entrée, le propriétaire peut l’exécuter pour récupérer la dette sans nouveau procès. Le shtar ’hov est un titre exécutoire qui permet de saisir les comptes bancaires du locataire directement auprès de la banque, via la procédure de Tova’a L’Tov.

En l’absence de shtar ’hov, le propriétaire doit déposer une requête pour paiement auprès du tribunal. Cette procédure est plus longue et coûteuse. Il faut prouver le montant des loyers dus et la période concernée. Le arev (garant) peut être poursuivi s’il a signé le shtar ’hov.

Le recouvrement est souvent difficile si le locataire est insolvable. Il faut évaluer la probabilité de récupération avant de engager des frais d’avocat supplémentaires. Dans certains cas, il est plus rentable d’abandonner la créance que de poursuivre un locataire sans ressources.

Gestion locative et suivi post-expulsion

Une fois l’expulsion réalisée, le propriétaire doit décider de la suite : relouer ou vendre. Si vous choisissez de relouer, la gestion du bien nécessite une présence locale constante. Qui reçoit les clés ? Qui trouve le nouveau locataire ? Qui répond quand une canalisation lâche un vendredi soir ? Ces questions sont cruciales pour un propriétaire résidant en France.

La gestion locative professionnelle prend en charge ces aspects concrets. Nous gérons la recherche de locataires, la signature des baux, la perception des loyers et la résolution des incidents. Nous assurons la liaison avec le vaad bayit et les professionnels de maintenance. Cette approche évite les erreurs de gestion à distance et protège la valeur de votre investissement. Pour comprendre les mécanismes de la location en Israël, consultez notre guide sur investir en Israël.

Ne changez jamais les serrures d’un appartement occupé sans jugement. En Israël, l’auto-évacuation est illégale et peut entraîner des poursuites pénales. Contactez un avocat spécialisé pour initier la procédure d’Evik Ha-Darom et confiez la gestion de la reloue à un professionnel local pour éviter les risques juridiques et opérationnels.

GII, Gestion Immobilière en Israël

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