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26 Dizengoff, Netanya
GIIGestion immobilière en Israël

15 septembre 2026 · Location et bail

Le locataire ne répond plus et garde les clés : que faire en Israël ?


Quand un locataire disparaît sans laisser de trace ni de clés, le propriétaire israélien ne peut pas forcer la porte seul. La loi israélienne interdit l’auto-justice : toute intrusion sans mandat est une violation de domicile. La procédure exige d’abord une mise en demeure écrite, puis, si l’injoignabilité persiste, une action en justice pour obtenir une ordonnance d’expulsion. Ce n’est qu’après ce mandat judiciaire que les agents du tribunal peuvent ouvrir l’appartement. Ce processus, plus rapide qu’en France, repose sur des preuves écrites précises et la coordination avec les autorités locales.

La procédure de mise en demeure et le rôle du shtar ‘hov

En Israël, la relation locative repose moins sur la formalité du bail écrit que sur la preuve de l’engagement financier. Le shtar ‘hov est central. Ce document, signé par le locataire et son arev (garant), constitue une reconnaissance de dette. Contrairement à la France, où le bail est le socle juridique, ici, si le locataire a signé un shtar ‘hov, la preuve de la dette est incontestable même en l’absence d’un contrat de location détaillé.

La première étape consiste à rédiger une mise en demeure. Ce courrier doit mentionner explicitement la résiliation du contrat en raison de l’injoignabilité et exiger la restitution immédiate des clés. Il ne s’agit pas d’une simple relance de loyer. Le texte doit indiquer que l’absence prolongée sans nouvelle constitue un abandon de bail. Nous envoyons ce courrier par la poste recommandée avec accusé de réception. L’adresse doit être le dernier domicile connu du locataire et celui du arev.

Il n’est pas nécessaire de passer par un huissier pour cette première notification. L’important est de créer une preuve de date certaine de la demande. Si le locataire ne répond pas, cette lettre servira de pièce maîtresse au tribunal. En France, on parle souvent de commandement de payer avant toute action. Ici, la mise en demeure pour abandon de bail est l’acte déclencheur. Si vous gérez votre bien via notre gestion locative, cette étape est réalisée par nos équipes, avec une traçabilité complète des envois postaux.

Contacter les autorités locales et le vaad bayit

Une fois la mise en demeure envoyée, le silence du locataire doit être documenté par des tiers. Nous contactons la police locale pour établir un constat officiel. Il ne s’agit pas de déposer une plainte immédiatement, mais de signaler la situation. Les agents peuvent se déplacer pour constater l’absence de présence et la fermeture des volets, ce qui renforce la preuve d’abandon. Ce constat police est utile pour prouver la date de l’absence.

Simultanément, nous prévenons le vaad bayit, le conseil de copropriété. Cette étape est cruciale. Le vaad bayit gère les parties communes. Si le locataire a changé les serrures des portes de l’immeuble ou bloqué l’accès aux escaliers, cela complique l’intervention des autorités. Il faut vérifier que l’immeuble n’est pas en cours de rénovation majeure qui interdirait l’accès. Le syndic doit confirmer que l’appartement est bien celui du locataire concerné et qu’aucune procédure de vente ou de saisie n’est en cours sur l’unité.

Nous coordonnons également avec le syndic pour vérifier l’état des parties communes. Si le locataire a laissé des objets encombrants dans le couloir ou le local à poubelles, le vaad bayit peut intervenir pour les faire retirer, sous réserve de vérifier qu’ils ne sont pas des biens de valeur. Cette coordination évite les conflits avec les voisins et assure que l’accès à l’appartement reste possible pour les pompiers ou les agents du tribunal. En France, le syndic est souvent passif dans ce type de conflit. En Israël, le vaad bayit a une voix active dans la gestion des incivilités et des abandons.

La tentative d’accès pacifique et le risque de « squatt »

Toute tentative d’entrer dans l’appartement sans mandat est interdite. En Israël, la violation de domicile est un délit pénal. Contrairement à certaines pratiques informelles en France où un propriétaire pourrait tenter de forcer une porte avec une clé de secours, ici, cela expose le propriétaire à des poursuites. Si le locataire a laissé des clés à un proche, ce dernier peut se présenter comme un occupant de fait. S’il refuse de partir, il devient un squatteur.

Le risque principal est la présence de tiers non identifiés. Si un enfant, un conjoint ou un ami du locataire reste dans les lieux, la situation change. Nous ne pouvons pas forcer la porte si une personne y vit. Dans ce cas, la procédure judiciaire doit viser l’expulsion de tous les occupants. Si un accès est obtenu de manière pacifique, par exemple si le locataire a laissé la porte entrouverte ou si une clé de service est disponible, nous ne rentrons pas seuls.

Nous faisons venir un professionnel pour une inspection du bâtiment (bedek bayit). Ce professionnel documente l’état des lieux. Il photographie les murs, les sols, les équipements comme le doud shemesh (chauffe-eau solaire) ou le mazgan (climatiseur). Ce rapport sert de preuve de l’état de l’appartement avant toute action en justice. Il permet de distinguer l’usure normale des dégradations. Si des biens personnels sont visibles, nous les listons mais ne les touchons pas. L’objectif est de sécuriser la preuve, pas de récupérer les objets.

Déposer une plainte pénale pour abandon de bail et vol de fonds

Si le locataire a cessé de payer le loyer tout en conservant l’accès théorique à l’appartement, une dimension pénale peut apparaître. Nous pouvons déposer une plainte pour détournement de fonds ou vol. La logique est la suivante : le locataire a perçu l’usage du bien sans payer la contrepartie, et son absence rend impossible la restitution. La police peut alors intervenir si l’occupant est considéré comme un intrus illégitime.

L’implication de la police est différente de celle d’une simple visite de constat. Si la plainte est retenue, les agents peuvent forcer l’accès si la situation est qualifiée de squat. Cependant, la police n’intervient pas pour récupérer les clés d’un locataire qui a simplement disparu sans dette. Elle intervient si la dette est établie et que l’occupant refuse de partir ou si l’abandon est caractérisé.

Le rôle du arev est limité dans cette phase. Le garant est solidaire de la dette financière, mais il n’est pas responsable de la restitution physique des clés s’il n’a pas la garde des lieux. Il ne peut pas être forcé à ouvrir la porte. Sa responsabilité est financière. Nous le contactons pour l’informer de la situation et de la procédure judiciaire à venir. Il doit comprendre que son engagement financier s’applique aux loyers impayés et aux éventuels dommages, pas à l’action physique. Cette distinction est importante pour éviter les malentendus.

Le recours au tribunal : obtenir l’ordonnance d’expulsion

Le recours au tribunal est l’étape déterminante. Nous déposons une requête auprès du tribunal de district pour obtenir une ordonnance de restitution des lieux. Le dossier doit inclure la preuve de la mise en demeure, les relevés de loyer impayés et le shtar ‘hov. La procédure est accélérée par rapport à la France. Il n’y a pas de procédure de « commandement de payer » préalable obligatoire avant l’assignation. On peut attaquer directement pour expulsion et paiement des arriérés.

Le tribunal examine la validité du bail et la preuve de l’injoignabilité. Si les preuves sont solides, le juge délivre une ordonnance d’expulsion. Le délai de traitement dépend de la charge du tribunal, mais il est généralement plus court que les procédures françaises de référé. Il est essentiel de fournir une adresse de service de jugement valide pour le locataire. Si l’adresse est inconnue, le tribunal peut ordonner la publication de l’assignation dans la presse, ce qui allonge les délais.

Nous joignons aussi la preuve de la notification au arev. Le tribunal peut ordonner le paiement direct par le garant si le locataire est introuvable. Cette ordonnance est exécutoire. Elle permet d’engager la procédure d’exécution. En France, la procédure est souvent plus lente et nécessite plusieurs étapes de signification. Ici, la concentration des demandes (expulsion + paiement) dans une seule requête accélère le processus. C’est une différence structurelle majeure du système juridique israélien.

L’exécution de l’ordonnance par les agents du tribunal

Une fois l’ordonnance rendue, nous demandons son exécution. Les agents du tribunal, souvent appelés les « Shomerim » dans le langage courant, se déplacent avec un serrurier. Leur mission est précise : ouvrir la porte et remettre les clés au propriétaire ou à son mandataire. Ils ne jugent pas de la situation, ils exécutent le mandat.

Le procès-verbal d’ouverture est signé par les agents, le serrurier et le propriétaire. Un inventaire sommaire des biens laissés sur place est réalisé. Les objets sont listés, photographiés et stockés. Ces biens deviennent la responsabilité du propriétaire s’il n’agit pas. Nous devons décider rapidement du sort de ces objets. Les conserver trop longtemps peut engager notre responsabilité en cas de détérioration. Les jeter sans préavis peut être contesté.

Le coût de l’intervention des agents et du serrurier est facturé au locataire. Nous ajoutons ce montant au shtar ‘hov ou le déduisons de la caution. Si la caution est insuffisante, nous poursuivons le arev. L’ordonnance d’expulsion couvre les frais d’exécution. Il est important de vérifier que le serrurier utilise une technique d’ouverture qui ne détruit pas la serrure, pour éviter des coûts de remplacement inutiles. L’objectif est de récupérer l’accès avec un minimum de dégâts.

La sécurisation immédiate et le changement de serrure

Dès l’obtention des clés, nous changeons immédiatement la serrure principale. C’est non négociable. Le locataire injoignable peut avoir donné des copies de clés à des proches. Ces personnes peuvent revenir à tout moment. Le changement de serrure coupe ce risque. Nous vérifions aussi les serrures des fenêtres et de la mamad (pièce sécurisée). Si la mamad est endommagée, nous la réparons.

Nous inspectons les installations électriques. Un abandon prolongé peut masquer des défauts. Nous vérifions le doud shemesh et le mazgan. Si le chauffe-eau solaire est hors service, nous faisons appel à un technicien. Si le climatiseur est encrassé, nous le faisons nettoyer. Ces vérifications sont essentielles avant de remettre l’appartement en location. Elles évitent les pannes pendant la location suivante.

Nous faisons également vérifier l’état de la mamad. C’est une obligation de sécurité. Si la pièce est mal verrouillée ou si le mur est affaibli, nous engageons une réparation. Le rapport de l’inspection (bedek bayit) réalisé lors de l’entrée sert de base. Nous comparons l’état constaté avec les normes de sécurité. Si des travaux sont nécessaires, nous les facturons au locataire ou au garant. La sécurisation physique est la première étape de la remise en état. Elle protège le bien et les futurs locataires.

Le recouvrement des dettes et le rôle du arev

Après la récupération des clés, le combat financier commence. Nous totalisons les loyers impayés, les frais de procédure, les frais d’exécution et les réparations. Ce montant est porté au shtar ‘hov. Nous contactons le arev pour exiger le paiement. Le garant a signé une reconnaissance de dette. Il est tenu de payer si le locataire ne le fait pas.

Si le arev refuse de payer, nous déposons une requête au tribunal pour obtenir un jugement de paiement. Le shtar ‘hov est une preuve forte. Le tribunal peut délivrer un titre exécutoire. Nous pouvons alors saisir les comptes bancaires ou les biens du garant. La procédure de saisie est rapide si les preuves sont claires.

Nous déduisons aussi de la caution les montants dus. Si la caution est insuffisante, nous poursuivons le reste. Il est important de ne pas laisser traîner ces dettes. Le temps joue contre le recouvrement. Nous envoyons des relances écrites au arev et au locataire. Si le locataire reste introuvable, nous concentrons nos efforts sur le garant. La responsabilité du arev est solidaire. Il ne peut pas se soustraire en invoquant l’absence de son débiteur principal. C’est la force de ce document en droit israélien.

Étape Action spécifique Responsable
Mise en demeure Envoi recommandé avec accusé de réception Propriétaire / GII
Constat police Visite pour établir l’absence Police locale
Coordination syndic Vérification accès et parties communes Vaad bayit
Assignation Dépôt de la requête au tribunal Avocat / GII
Exécution Ouverture forcée et remise des clés Agents du tribunal
Sécurisation Changement de serrure et inspection Propriétaire / GII

Ne tentez jamais d’entrer seul dans un appartement dont le locataire a disparu. Le risque de violation de domicile est réel et coûteux. Si vous êtes confronté à une situation d’injoignabilité, contactez immédiatement un professionnel de la gestion locative. La procédure judiciaire est la seule voie légale pour récupérer les clés et sécuriser votre bien. Pour plus d’informations sur les cas où le locataire refuse de partir malgré les clés, consultez notre article Locataire a les clés mais ne veut plus partir en Israël : la loi. Si le départ a été soudain et sans préavis, lisez Locataire part sans prévenir et sans rendre les clés en Israël.

GII, Gestion Immobilière en Israël

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