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26 Dizengoff, Netanya
GIIGestion immobilière en Israël

10 octobre 2026 · Location et bail

Locataire refusant de vider les locaux après résiliation : procédure en Israël


Un locataire qui refuse de quitter l’appartement après la fin du bail constitue une occupation illégale. La procédure israélienne ne repose pas sur un préavis légal unique mais sur les clauses du contrat et l’obtention d’une ordonnance judiciaire. Le tribunal de la famille statue sur l’expulsion, et un shérif exécutera l’ordre une fois rendu. Ce processus est plus rapide qu’en France, mais exige une rigueur administrative stricte dès la notification de la résiliation.

La notification de résiliation : formalités et preuve

La première erreur des propriétaires expatriés est de supposer que la loi impose un délai de préavis standard. En Israël, le délai de résiliation dépend exclusivement de la clause contractuelle du bail. Si le contrat prévoit un mois, c’est un mois. S’il est silencieux, la jurisprudence s’applique, mais cela allonge les délais. Vous devez notifier la résiliation par écrit. La remise en main propre contre signature est la méthode la plus sûre pour prouver la date de départ du délai. L’envoi par courrier recommandé avec accusé de réception est acceptable, mais la preuve de réception peut être contestée si le locataire nie avoir ouvert le pli.

À ce stade, vérifiez la présence d’un shtar ’hov. Ce billet à ordre, signé par le locataire et son garant, n’est pas une assurance. Il constitue une reconnaissance de dette. Si le bail lie la résiliation anticipée à la présentation de ce document ou si sa présence bloque la sortie du locataire, vous devez consulter un avocat avant d’envoyer la notification. Une erreur de forme ici peut invalider la résiliation et prolonger l’occupation illégale. Ne comptez pas sur une verbalisation ou un simple SMS. La preuve écrite est votre seule défense en cas de litige sur la date de départ du délai. Si vous confiez la gestion de votre bien à un professionnel, vérifiez que la notification a été archivée avec la preuve de réception. C’est cette preuve qui déclenchera la procédure judiciaire si le locataire ne part pas à la date convenue.

  • Le délai de préavis n’est pas légal, il est contractuel. Relisez votre bail.
  • La notification doit être écrite et prouvable (signature ou courrier recommandé).
  • Vérifiez l’impact du shtar ’hov sur la clause de résiliation avant d’agir.
  • Conservez une copie de la notification et de la preuve de réception.

Le refus de départ : le constat et l’immobilisation du bien

Une fois la date de départ dépassée, le locataire qui reste sur place commet une faute. Il continue d’utiliser l’eau et l’électricité, créant une dette de charges qui s’ajoute aux loyers impayés. En France, certains propriétaires tentent de changer les serrures ou de couper les services. En Israël, c’est une erreur juridique et pénale grave. Vous ne pouvez pas agir seul. Changer les serrures d’un locataire occupant, même en impayé, expose le propriétaire à des poursuites pour intrusion illégale ou privation de moyens de subsistance. La loi protège le droit d’occupation tant qu’une ordonnance judiciaire n’a pas été rendue.

La bonne pratique est de faire constater la situation par un professionnel. Faites venir un homme de l’art ou un inspecteur pour réaliser une bedek bayit, c’est-à-dire une inspection du bâtiment. L’objectif n’est pas de faire un contrôle d’usage, qui n’existe pas en Israël, mais de documenter l’état des lieux et la présence effective du locataire. Cet acte sert de preuve en justice. Il prouve que vous avez tenté de récupérer le bien de manière pacifique et que le locataire s’oppose à la restitution. Ne forcez pas la porte. Ne coupez pas l’électricité. Ces actions violent la procédure et peuvent vous faire perdre le contrôle de la situation. Documentez tout : photos, dates, échanges écrits. C’est cette traçabilité qui soutiendra votre requête au tribunal. Si vous ne pouvez pas accéder à l’intérieur, le constat extérieur et la preuve de l’occupation (compteurs, voisins) suffisent souvent pour engager la procédure.

  • Interdiction absolue de changer les serrures ou couper les services sans ordre judiciaire.
  • Faites constater l’état des lieux par un professionnel pour documenter l’occupation.
  • La bedek bayit ici sert de preuve d’occupation illégale, pas de contrôle technique.
  • Conservez la preuve de la dette de charges (eau, électricité) pendant la période de refus.

L’assignation devant le tribunal de la famille (Meiachat)

Le litige locatif ne relève pas du tribunal civil classique, mais du tribunal de la famille (Family Court). Cette juridiction est compétente pour les questions de logement et de cohabitation. Vous devez déposer une requête pour « expulsion » et cessation de l’occupation illégale. La procédure est écrite. Vous déposez votre dossier, le tribunal notifie le locataire. Il n’y a pas de commissaire de justice au sens français. La signification est effectuée par un huissier (sheriff) qui agit sur ordre du tribunal, ou par courrier recommandé si le locataire est connu. La différence avec la France est notable : la procédure est moins formaliste dans sa phase initiale, mais le tribunal peut ordonner une médiation. Si le locataire ne se présente pas, le tribunal peut statuer par défaut. Si le locataire se présente, il peut plaider son droit de rester, par exemple en invoquant des impayés de loyers ou des défauts de l’appartement. Votre dossier doit donc être irréprochable : preuve de la résiliation, preuve du refus de départ, preuves des loyers impayés.

Le tribunal de la famille est plus rapide que les tribunaux civils pour ce type de litige. Il peut rendre une ordonnance provisoire d’expulsion si l’occupation est manifestement illégale. Cependant, ne comptez pas sur une décision immédiate. Prévoyez plusieurs semaines. Pendant cette phase, le locataire peut déposer une requête en suspension de l’exécution. C’est un droit qui peut ralentir la procédure. Votre avocat doit anticiper ce risque. La clé est de présenter une demande claire : restitution des lieux et paiement des arriérés. Ne mélangez pas les demandes. Une requête confuse peut être rejetée. Si vous avez un shtar ’hov, mentionnez-le dans la requête comme preuve de la dette. Cela renforce votre position. Le tribunal évaluera la bonne foi du locataire. S’il a des excuses valables (maladie grave, par exemple), il peut accorder un délai supplémentaire. Sinon, l’expulsion sera ordonnée.

  • Le tribunal compétent est le tribunal de la famille, pas le tribunal civil.
  • La signification est faite par un huissier ou par courrier, pas par un commissaire de justice.
  • Le locataire peut demander une médiation ou une suspension de l’exécution.
  • Préparez un dossier complet : preuve de résiliation, preuve d’occupation, preuves de dettes.

La procédure d’exécution : le rôle du shereif

Une fois l’ordonnance d’expulsion rendue, elle n’est pas exécutoire d’office. Vous devez demander au tribunal de délivrer un ordre d’exécution au shérif. C’est lui qui procédera au changement de serrures et à l’expulsion physique. Le délai d’intervention est court, généralement quelques jours après la délivrance de l’ordre, contrairement aux délais parfois longs en France. Le shérif est un officier de justice, pas un agent de sécurité. Il agit sur ordre du tribunal. Son intervention est légale et protégée. Vous ne devez pas être présent lors de l’expulsion, sauf si le tribunal l’exige. Votre rôle est de fournir les clés ou de permettre l’accès si nécessaire, mais le shérif gère la situation. Le coût de l’intervention du shérif est à la charge du locataire défaillant. Cependant, c’est souvent le propriétaire qui avance les frais. Ces frais sont récupérables dans le cadre du recouvrement des dettes. Ne négociez pas avec le shérif. Ne tentez pas de résoudre le conflit le jour de l’expulsion. Laissez la procédure suivre son cours. Si le locataire résiste physiquement, le shérif peut faire appel à la police. C’est une situation extrême, mais elle peut arriver. La présence de la police dissuade généralement la résistance. Après l’expulsion, le bien est restitué. Vous pouvez alors changer les serrures et remettre l’appartement en location. C’est le moment de faire une bedek bayit pour constater les éventuelles dégradations.

  • L’ordonnance d’expulsion doit être suivie d’une demande d’ordre au shérif.
  • Le shérif intervient rapidement, souvent en quelques jours.
  • Les frais du shérif sont à la charge du locataire, mais souvent avancés par le propriétaire.
  • Ne soyez pas présent lors de l’expulsion, laissez le shérif gérer la situation.

Le recouvrement des arriérés de loyers et des charges

L’expulsion ne règle pas la question des dettes. Le locataire doit payer les loyers impayés, les charges de copropriété (vaad bayit) et les frais de procédure. La distinction est importante : la possession du bien et le paiement des sommes dues sont deux procédures distinctes. Vous pouvez récupérer l’appartement sans récupérer l’argent. Pour récupérer l’argent, vous devez engager une procédure de recouvrement. Si le locataire a signé un shtar ’hov, vous avez un avantage majeur. Ce billet à ordre permet de présenter directement la dette à la banque ou au tribunal sans long procès. C’est une procédure accélérée. Si le locataire ne paie pas, vous pouvez obtenir une ordonnance de saisie de ses biens. Si le locataire n’a pas signé de shtar ’hov, vous devez intenter une action en justice pour récupérer les sommes. C’est plus long et plus coûteux. Les vaad bayit sont réclamables au locataire pour la période d’occupation illégale. La copropriété peut aussi agir contre le locataire, mais c’est au propriétaire de veiller à ce que les charges soient payées. Si le locataire est insolvable, le recouvrement peut être difficile. Vous pouvez inscrire le locataire au registre des débiteurs, ce qui affecte son crédit. C’est une mesure de pression, mais elle ne garantit pas le paiement. Évaluez la solvabilité du locataire avant d’engager des frais de justice élevés. Si la dette est faible, le coût de la procédure peut dépasser le montant à récupérer. Dans ce cas, il est parfois plus judicieux d’abandonner la dette. Mais c’est une décision à prendre avec un avocat, en fonction de la valeur du bien et de la situation du locataire.

  • L’expulsion ne rembourse pas les dettes. Il faut une procédure de recouvrement distincte.
  • Le shtar ’hov permet un recouvrement accéléré sans long procès.
  • Les vaad bayit sont dus par le locataire pendant l’occupation illégale.
  • Évaluez la solvabilité du locataire avant d’engager des frais de justice.

La gestion du bien pendant la procédure

Pendant que la procédure judiciaire est en cours, le bien est immobilisé. Vous ne pouvez pas le louer à un nouveau locataire. Il faut sécuriser les lieux. Vérifiez l’état du mamad, la pièce sécurisée de l’appartement. Si le locataire a endommagé le mamad, vous devez le faire constater par un professionnel. C’est une preuve de dégradation volontaire. Vérifiez aussi les installations : le doud shemesh (chauffe-eau solaire) et le mazgan (climatiseur). Si le locataire a coupé l’alimentation en eau ou en électricité, cela peut causer des dégâts. Faites vérifier l’état des installations par un technicien. Documentez tout. Si le bail le permet, vous pouvez notifier la coupure de l’électricité après mise en demeure. Mais faites-le avec prudence juridique. Une coupure illégale peut être contestée. Vérifiez votre police d’assurance habitation. L’assurance couvre-t-elle les dégâts causés par un locataire squattant ? Informez votre assureur de la situation. Ne laissez pas passer le délai de déclaration. Si le bien est vide et que le locataire est parti, mais que la procédure est toujours en cours, vous pouvez commencer les travaux de remise en état. Mais ne vendez pas le bien avant la fin de la procédure. L’occupation illégale est un vice caché. Un acheteur peut contester la vente s’il découvre la situation. Attendez la fin de la procédure pour vendre. Si vous confiez la gestion de votre bien à un professionnel, assurez-vous qu’il suit la procédure de sécurisation. La valeur de votre bien dépend de sa disponibilité. Un bien bloqué par un litige locatif perd de sa valeur de marché. Agissez vite pour sécuriser les lieux et protéger votre investissement.

  • Sécurisez les lieux : vérifiez le mamad et les installations (doud shemesh, mazgan).
  • Faites constater les dégradations par un professionnel.
  • Informez votre assureur de la situation d’occupation illégale.
  • Ne vendez pas le bien avant la fin de la procédure judiciaire.

Les cas particuliers : locataire décédé ou en impayé total

Le décès du locataire modifie la procédure. La succession n’a pas d’obligation légale de vider les lieux immédiatement si elle n’a pas de titre de propriété. Mais la procédure est accélérée. Le tribunal de la famille peut ordonner l’expulsion des héritiers s’ils n’ont pas de droit de rester. Il faut obtenir une tsav yerusha (ordonnance de succession) pour identifier les héritiers. Si les héritiers sont inconnus, la procédure est plus longue. Dans ce cas, consultez notre article sur l’expulsion après décès. Si le locataire est en impayé total, le tribunal peut ordonner une saisie de ses biens ou une inscription au registre des débiteurs. Mais si le locataire n’a aucun bien, le recouvrement est impossible. Le tribunal peut accorder un délai supplémentaire si le locataire est âgé ou sans logement. C’est une protection sociale. Le tribunal peut ordonner que le locataire reste en place le temps de trouver un logement. Cela allonge la procédure. Vous devez accepter ce délai. Vous ne pouvez pas forcer l’expulsion immédiate dans ces cas. La protection du locataire vulnérable est une priorité pour le tribunal. Si le locataire est en impayé total et sans ressources, le recouvrement des dettes est impossible. Vous devez accepter la perte. Mais vous pouvez récupérer le bien. L’expulsion reste possible, même si le locataire ne peut pas payer. La distinction est importante : l’expulsion et le recouvrement sont deux procédures distinctes. Vous pouvez expulser un locataire insolvable. Mais vous ne pouvez pas récupérer l’argent s’il n’a pas de biens. Évaluez la situation avant d’engager des frais de justice. Si le locataire est insolvable et sans biens, le coût de la procédure peut dépasser la valeur du bien. Dans ce cas, il est parfois plus judicieux de négocier un accord. Mais c’est une décision à prendre avec un avocat. La procédure d’expulsion reste votre seul moyen de récupérer le bien. Ne laissez pas le locataire rester indéfiniment. Agissez vite pour récupérer votre bien, même si vous ne récupérez pas l’argent.

  • Le décès du locataire nécessite l’identification des héritiers via une tsav yerusha.
  • Le locataire insolvable peut être expulsé, mais le recouvrement est impossible.
  • Le tribunal peut accorder un délai supplémentaire pour les locataires vulnérables.
  • Évaluez la solvabilité avant d’engager des frais de justice élevés.
Étape Action Durée estimée Responsable
Notification de résiliation Envoi écrit avec preuve de réception Immédiat Propriétaire ou gestionnaire
Constat d’occupation Inspection par un professionnel Few days Propriétaire
Assignation au tribunal Dépôt de la requête d’expulsion 1-2 semaines Avocat
Audience Statut du tribunal 1-2 mois Tribunal de la famille
Exécution Intervention du shérif Few days Shérif

La gestion d’un locataire qui refuse de partir est un processus complexe qui nécessite une rigueur juridique. La différence avec la France est majeure : la procédure est plus rapide, mais elle exige une preuve stricte de la résiliation et du refus de départ. Le rôle du shtar ’hov est crucial pour le recouvrement des dettes. La procédure d’expulsion est gérée par le tribunal de la famille et le shérif. Ne tentez pas d’agir seul. Les risques juridiques et pénaux sont élevés. Si vous possédez un bien en Israël, assurez-vous que votre bail est bien rédigé et que vous avez un shtar ’hov signé. Si vous rencontrez un problème de locataire, consultez un avocat spécialisé en droit locatif israélien. Vous pouvez aussi confier la gestion de votre bien à un professionnel qui connaît les spécificités locales. Notre gestion locative inclut le suivi des baux et la gestion des litiges. Pour plus de détails sur les étapes à suivre, consultez notre article Locataire refuse de quitter l’appartement en Israël : que faire ?. Si le cas concerne un décès, lisez notre guide Locataire refuse de partir : expulser après décès en Israël. La clé est l’anticipation et la rigueur administrative. Ne laissez pas la situation s’enliser. Agissez vite pour protéger votre investissement.

En cas de refus de départ, ne changez jamais les serrures vous-même. C’est une infraction pénale. Contactez immédiatement un avocat pour engager la procédure au tribunal de la famille. La rapidité de l’action est déterminante pour la récupération du bien. Vérifiez la présence d’un shtar ’hov pour faciliter le recouvrement des dettes.

GII, Gestion Immobilière en Israël

Gestion locative en Israël pour propriétaires francophones. Bureaux à Netanya, 26 Dizengoff. Une question sur votre bien ? Écrivez-nous.

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