Héritier en France : recevoir les loyers sur un compte bancaire français
Pour recevoir les loyers d’un appartement en Israël sur un compte bancaire français après le décès d’un propriétaire, l’héritier doit d’abord obtenir un tsav yerusha (ordonnance de succession) auprès du tribunal de la famille. Ce document est la seule preuve admise par les banques israéliennes pour débloquer les fonds gelés ou ouvrir un nouveau compte. Sans cette ordonnance, aucun virement sortant ne peut être effectué, et les loyers continuent de s’accumuler sur le compte du défunt, inaccessibles aux héritiers. La procédure est rigide, différente de la France, et exige une coordination précise entre l’avocat de la succession, la banque locale et le gestionnaire locatif.
Obtenir le tsav yerusha : la clé d’ouverture du compte
- Le tsav yerusha est l’acte juridique central qui authentifie la qualité d’héritier auprès des institutions financières israéliennes. Délivré par le tribunal de la famille, il remplace le certificat de notoriété connu en France. Les banques ne traitent aucune demande de modification de compte ou de virement sans présenter ce document original ou une copie certifiée.
- Il est crucial de distinguer le tsav yerusha du tabou (registre foncier). Le tabou prouve la propriété du bien immobilier, mais il ne débloque pas les flux financiers. Un héritier peut être inscrit sur le tabou sans pouvoir toucher aux loyers si le tsav yerusha n’est pas encore obtenu. Seul ce dernier autorise la manipulation des avoirs bancaires liés à la succession.
- Contrairement à la France, où un acte notarié permet souvent de gérer les affaires courantes immédiatement après le décès, l’Israël impose un gel strict. La loi interdit de modifier la titularité d’un compte bancaire sans l’ordonnance du tribunal. Cette rigidité protège les créanciers et les autres héritiers, mais elle signifie que la gestion de la location reste suspendue du point de vue financier jusqu’à la fin de la procédure de succession.
Le compte joint et le blocage des fonds après décès
- Dès l’enregistrement du décès au registre de la population, les banques israéliennes (Mizrahi, Leumi, Hapoalim) gèlent automatiquement les comptes courants et d’épargne. Pour un compte joint, cela signifie que la part du défunt est immobilisée. La procédure pour lever ce gel sur la part du survivant est spécifique et ne se fait pas de plein droit.
- La différence fondamentale avec la France est majeure : en Israël, le compte joint ne se transmet pas automatiquement au survivant. La part du défunt devient une part de la succession soumise au tsav yerusha. Le survivant ne peut pas simplement continuer à utiliser le compte comme avant. Il doit initier une procédure de réouverture partielle ou de clôture de la part du défunt.
- Pour démarrer cette procédure, il faut fournir la teoudat zeout (carte d’identité) de l’héritier vivant et l’acte de décès du défunt. La banque vérifiera l’identité du survivant et confirmera le décès. Ensuite, elle attendra la production du tsav yerusha pour autoriser le retrait des fonds correspondant à la part du défunt. En attendant, les loyers continuent d’entrer sur le compte, mais ils restent bloqués.
Débloquer les loyers bloqués : la procédure bancaire locale
- Une fois le tsav yerusha obtenu, l’héritier doit se rendre à la banque pour demander le transfert des loyers encaissés depuis le décès. La marche à suivre consiste à présenter l’ordonnance, la teoudat zeout de l’héritier et, si applicable, la procuration de l’avocat. La banque effectuera une vérification croisée entre l’ordonnance et la liste des héritiers pour s’assurer que le bénéficiaire du virement a bien la qualité d’héritier légal.
- Cette vérification est stricte. Si le tsav yerusha indique plusieurs héritiers, la banque exigerait une signature de tous ou une désignation d’un mandataire unique avant de libérer les fonds. Le délai d’instruction bancaire en Israël est souvent plus long que pour un virement international standard. Il faut compter plusieurs jours ouvrés, parfois plus, pour que le service de conformité valide la demande. Cette attente impacte directement le paiement du gestionnaire locatif, qui ne peut pas être payé tant que les fonds ne sont pas disponibles.
- Pour éviter un litige avec le gestionnaire, il est possible de demander à la banque de faire un virement partiel vers un compte intermédiaire géré par l’avocat de la succession. Ce compte servira à payer les charges courantes et le gestionnaire, tandis que le solde restera bloqué jusqu’à la répartition finale. Cette méthode sécurise la chaîne de paiement sans violer les règles de succession.
Ouvrir un compte en Israël avec la teoudat zeout de l’héritier
- Si l’héritier n’a pas de compte bancaire en Israël, il doit en ouvrir un pour recevoir les loyers. La condition sine qua non est la possession d’une teoudat zeout. Si l’héritier est un résident étranger sans carte israélienne, il doit obtenir cette pièce via le bureau de la population ou une procédure consulaire spécifique. Sans teoudat zeout, l’ouverture de compte est impossible.
- Il est impossible d’ouvrir un compte bancaire en Israël avec une carte d’identité française ou un passeport seul. Les banques exigent la pièce d’identité locale. C’est une différence majeure avec la France, où un passeport suffit souvent. Cette exigence locale rend la procédure plus longue pour les héritiers basés en France. Pour comprendre les étapes détaillées, consultez notre guide sur Comment ouvrir un compte bancaire en Israël quand on est non-résident.
- La distinction entre un compte « résident » et un compte « non-résident » a un impact direct sur les frais. Un compte non-résident peut être plus coûteux à entretenir et les virements internationaux peuvent être soumis à des contrôles supplémentaires. Il est recommandé d’ouvrir un compte dédié à la gestion locative, distinct des comptes personnels. Pour les détails sur la gestion spécifique des locations, voir Ouvrir un compte bancaire en Israël : gestion locative.
Le virement international : de la shekel au euro
- Lors du virement SWIFT vers la France, la conversion de la monnaie locale (shekel) en euro se fait automatiquement. Les frais de change sont appliqués par la banque émettrice en Israël et la banque réceptrice en France. Il est important de vérifier le taux de change appliqué, car il peut différer du taux du marché. Les frais peuvent être significatifs si les montants sont faibles.
- Pour justifier l’origine des fonds auprès des services de conformité, il est recommandé d’inclure des références précises dans le libellé du virement. Mentionner la nature des fonds (loyers) et le numéro de référence du tsav yerusha aide à accélérer le traitement. Bien que le shtar ’hov (billet à ordre) ne soit pas un document de virement, il peut servir de preuve de la relation locative si la banque demande des justificatifs supplémentaires sur l’origine des revenus.
- Les contrôles anti-blanchiment (AML) israéliens sont stricts sur les flux sortants. Si le montant est inhabituel par rapport à l’historique du compte, la banque peut exiger des justificatifs supplémentaires. Cela peut retarder le virement de plusieurs jours. Il est donc conseillé de regrouper les loyers sur une période plus longue avant de faire le virement international, pour réduire la fréquence des contrôles et les frais associés.
Le rôle du gestionnaire locatif dans la continuité des encaissements
- GII peut continuer d’encaisser les loyers via un compte de passage pendant la durée de la procédure de succession. Cette solution évite toute rupture de bail ou litige avec le locataire, qui ne doit pas être informé des détails de la succession. Le locataire paie comme avant, et le gestionnaire assure la continuité du service. Cette approche est cruciale pour préserver la relation locative et éviter les impayés.
- Le gestionnaire tient un registre des encaissements distinct pour chaque héritier, facilitant le partage ultérieur des revenus selon les parts définies dans le tsav yerusha. Ce registre est un document comptable clair qui permet à l’avocat de la succession de vérifier les montants perçus et de procéder à la répartition finale. Il élimine les ambiguïtés et les litiges entre héritiers sur les revenus locatifs.
- La coordination entre le gestionnaire, l’avocat de la succession et la banque est essentielle pour sécuriser la chaîne de paiement. Le gestionnaire informe l’avocat des encaissements, l’avocat coordonne avec la banque pour le déblocage, et le gestionnaire assure la maintenance du bien. Cette collaboration fluide est détaillée dans notre offre de gestion locative, qui inclut la gestion des aspects juridiques et financiers liés à la succession.
Implications fiscales du transfert de fonds vers la France
- Les revenus locatifs perçus en Israël doivent être déclarés en France si l’héritier est résident fiscal français. L’origine du compte bancaire (Israël ou France) ne change pas l’obligation de déclaration. Il faut déclarer le montant brut des loyers, puis déduire les charges déductibles (charges de copropriété, entretien, gestion). La méthode de calcul de l’impôt dépend du statut de l’héritier et des règles fiscales françaises.
- Le risque de double imposition existe. Un accord fiscal franco-israélien s’applique aux revenus fonciers. Il est nécessaire de vérifier si l’accord prévoit l’imposition exclusive en France ou en Israël. En général, les revenus fonciers sont imposés dans le pays de situation du bien (Israël), mais peuvent être crédités en France pour éviter la double imposition. Il faut consulter un expert fiscal pour déterminer le traitement exact et les crédits d’impôt applicables.
- Le transfert de fonds en soi n’est pas imposable, mais les revenus générés par le bien le sont. Il est important de conserver tous les justificatifs de paiement des loyers et des charges. Ces documents seront nécessaires pour justifier les montants déclarés en France et en Israël. La coordination avec l’administration fiscale israélienne (reshut ha-misim) peut être nécessaire pour obtenir un certificat de non-imposition ou de crédit d’impôt.
| Étape | Document requis | Institution | Délai indicatif |
|---|---|---|---|
| Obtention de l’ordonnance | Demande au tribunal, acte de décès, liste des héritiers | Tribunal de la famille | Plusieurs mois |
| Déblocage du compte | tsav yerusha, teoudat zeout | Banque israélienne | Quelques jours |
| Ouverture de nouveau compte | teoudat zeout, justificatif d’adresse | Banque israélienne | Immédiat |
| Virement international | Coordonnées bancaires, référence du virement | Banque émettrice et réceptrice | 1 à 3 jours ouvrés |
Ne tentez pas de gérer les loyers personnellement avant l’obtention du tsav yerusha. Les banques israéliennes sont strictes et tout virement non conforme peut être bloqué, voire signalé. Confiez la gestion à un professionnel qui connaît les procédures locales et qui peut coordonner avec votre avocat pour sécuriser les flux financiers dès le premier jour.
Gestion locative en Israël pour propriétaires francophones. Bureaux à Netanya, 26 Dizengoff. Une question sur votre bien ? Écrivez-nous.