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26 Dizengoff, Netanya
GIIGestion immobilière en Israël

20 septembre 2026 · Fiscalité et charges

Appartement hérité en Israël : transférer les loyers vers la France


Pour transférer les loyers d’un appartement hérité en Israël vers la France, vous devez d’abord ouvrir un compte bancaire personnel en Israël, car le compte du défunt est gelé. Ensuite, vous modifiez le contrat de bail pour y indiquer votre nouveau numéro de compte. Enfin, vous effectuez les virements internationaux vers votre banque française en respectant les obligations de déclaration fiscale auprès de la reshut ha-misim.

Le compte bancaire du défunt et la suspension des virements

  • La différence radicale avec la France : en Israël, le compte joint ou individuel du défunt est gelé immédiatement par la banque jusqu’à la présentation d’un tsav yerusha (ordonnance de succession) ou d’une autorisation spécifique du tribunal. Il n’existe pas de « compte de succession » ouvert automatiquement par la banque pour encaisser les loyers.
  • Le risque immédiat : si le locataire continue de faire des virements sur le compte gelé, ceux-ci sont rejetés ou bloqués. Le propriétaire héritier ne peut pas utiliser ce compte pour payer les factures d’électricité ou de téléphone, ce qui peut entraîner des coupures de service sur le bien.
  • La procédure d’urgence : avant même l’obtention du tsav yerusha, l’héritier doit se rendre dans l’agence bancaire avec son teoudat zeout (carte d’identité) et le certificat de décès pour demander la levée du gel partiel ou l’ouverture d’un compte temporaire dédié à la gestion du bien, si la banque l’autorise. Sinon, il faut ouvrir un nouveau compte personnel rapidement.

En pratique, cette période de blocage est la première source de conflit. Le locataire, qui a l’habitude de payer sur le compte de son bailleur historique, peut penser que le rejet du virement l’exonère de son obligation. Il ne l’est pas. La dette locative persiste indépendamment des difficultés techniques de paiement. Nous constatons régulièrement que les héritiers négligent cette étape en pensant que le temps joue en leur faveur. Or, chaque mois sans encaissement est un mois de trésorerie perdue et de dettes potentielles sur les vaad bayit (charges de copropriété) qui continuent de courir. Si vous ne pouvez pas vous rendre en Israël, vous pouvez donner procuration à un mandataire local pour effectuer ces démarches bancaires, mais la banque exigera des documents légalisés et traduits.

Le tsav yerusha : la clé pour agir sans délai

  • Le tsav yerusha n’est pas un simple document administratif, c’est l’acte qui prouve au tribunal de la famille et aux institutions financières qui a le droit de disposer des actifs du défunt. Sans lui, aucune banque ne pourra créditer les loyers sur un compte au nom de l’héritier si le bien n’est pas encore transféré au tabou (registre foncier).
  • Le délai de traitement : le tribunal de la famille (souvent à Tel-Aviv ou Haïfa, selon la résidence du défunt) met plusieurs mois à délivrer ce document. Pendant ce temps, les loyers continuent de couler. L’héritier doit anticiper cette période « limbe » où il est propriétaire de fait mais pas encore de droit.
  • La distinction avec la France : contrairement à la France où la succession s’ouvre et où l’on peut gérer les revenus courants avec des pouvoirs notariés, en Israël, la gestion des actifs bancaires et immobiliers est strictement bloquée par les institutions tant que le tribunal n’a pas tranché. L’héritier ne peut pas simplement signer un chèque au nom du défunt.

Cette distinction juridique est fondamentale pour un propriétaire français. En France, la possession des revenus courants est souvent tolérée ou facilitée par des pouvoirs notariés temporaires. En Israël, la séparation entre la propriété juridique et la gestion opérationnelle est stricte. Le tsav yerusha est délivré par le tribunal de la famille compétent. Si le défunt résidait à Netanya, c’est le tribunal de la région de Tel-Aviv qui est compétent. Le document doit être traduit en français si vous souhaitez l’utiliser pour des démarches en France, mais pour les banques israéliennes, la version hébraïque originale suffit. Nous recommandons de vérifier régulièrement l’état du dossier auprès du greffe, car les délais varient selon la complexité de la succession (nombre d’héritiers, existence d’un tzava’a ou testament).

Ouvrir un compte au nom de l’héritier : les exigences bancaires

  • La documentation requise : pour ouvrir un compte courant personnel capable d’encaisser les loyers, l’héritier résidant en France doit fournir son passeport, une preuve de résidence en France, et souvent une attestation de résidence délivrée par l’ambassade ou le consulat d’Israël en France. Les banques israéliennes sont très strictes sur la vérification de l’identité des résidents étrangers.
  • Le problème de la résidence fiscale : la banque va demander de déclarer sa résidence fiscale. Si l’héritier vit en France, il doit indiquer qu’il est résident fiscal français. Cela n’empêche pas la création du compte, mais cela active les obligations de reporting fiscal envers l’administration fiscale israélienne (reshut ha-misim).
  • Le choix de la banque : privilégier une grande banque (Hapoalim, Mizrahi, Leumi) qui possède des guichets capables de traiter les dossiers de non-résidents ou des services dédiés. Les petites banques coopératives sont souvent moins flexibles pour les propriétaires expatriés.

L’ouverture du compte est l’étape la plus longue si vous êtes à distance. Les banques israéliennes appliquent des règles strictes de conformité (KYC). Vous devrez fournir une attestation de résidence fiscale française. La banque vérifiera si vous avez déjà des comptes en Israël. Si c’est votre premier compte, le processus peut prendre plusieurs semaines. Une fois le compte ouvert, vous recevez un numéro de compte et un code SWIFT. C’est ce numéro que vous transmettrez au locataire. Notez que les frais de tenue de compte et les frais de virement international sont à votre charge. Nous conseillons de choisir une banque qui propose des services en ligne robustes, car vous devrez gérer les rejets de virement et les relances à distance.

La modification du contrat de bail : le problème du shtar ‘hov

  • La nullité de la signature : le bail actuel est signé par le défunt. Les clauses de paiement y désignent son compte. Juridiquement, le locataire ne peut plus être tenu de payer un compte qui n’existe plus ou qui est gelé. Il faut établir un avenant au bail ou un nouveau contrat qui désigne le nouvel IBAN de l’héritier.
  • Le rôle du shtar ‘hov : si le locataire a signé un shtar ‘hov (billet à ordre) garanti par un arev (garant), ce document reste valable, mais l’ordre de paiement doit être mis à jour. Le locataire ne peut pas se réfugier derrière le fait que le compte a changé pour refuser de payer. Il doit simplement payer sur le nouveau compte.
  • La pression sur le locataire : si le locataire refuse de payer le nouveau compte, l’héritier doit lui envoyer une mise en demeure officielle. En Israël, la relation locataire-propriétaire est rigide. Le locataire qui ne paie pas peut être poursuivi rapidement.

Le shtar ‘hov est un outil puissant en Israël. Contrairement à un simple chèque, c’est un titre exécutoire. Si le locataire ne paie pas, vous pouvez saisir le arev (garant) directement sans passer par un long procès. Cependant, le shtar ‘hov ne change pas la destination du paiement. Vous devez notifier le locataire du changement de coordonnées bancaires par écrit. Cette notification doit être datée et signée. En cas de litige sur la date de prise d’effet du nouveau compte, la preuve écrite est déterminante. Si le locataire conteste la légitimité de l’héritier, vous devrez produire le tsav yerusha. Nous voyons souvent des locataires qui essaient de négocier une baisse de loyer en invoquant le changement de propriétaire. C’est une manœuvre classique. Le loyer reste inchangé sauf accord contraire écrit.

Gérer les charges et les impôts locaux sur le bien hérité

  • Les vaad bayit (charges de copropriété) : ces charges continuent de courir sur le bien, même si le transfert au tabou n’est pas terminé. Le syndic de l’immeuble ne reconnaît que le dernier propriétaire inscrit au registre foncier. Si le défunt est toujours inscrit, le syndic lui enverra les factures. Vous devez contacter le syndic pour mettre à jour les coordonnées et demander la redirection des factures vers vous.
  • L’arnona (taxe municipale) : cette taxe est payée à la mairie de Netanya. Elle est indexée sur l’indice du coût de la vie. Le paiement se fait généralement par prélèvement automatique sur le compte bancaire du propriétaire. Si le compte du défunt est gelé, le prélèvement échoue. Vous devez contacter la mairie pour changer le compte de prélèvement. Pensez à vérifier les dettes d’arnona avant de prendre en charge le paiement, car les arriérés sont de votre responsabilité en tant qu’héritier.
  • Les impôts sur les loyers : les loyers perçus en Israël sont imposables. En tant que résident fiscal français, vous devez déclarer ces revenus en France, mais vous devez aussi vérifier si vous êtes soumis à l’impôt israélien sur les revenus étrangers. La reshut ha-misim peut exiger la déclaration des revenus locatifs si le bien est en Israël. La double imposition est évitée par la convention fiscale franco-israélienne, mais les formalités restent lourdes.

La gestion des charges est un point de friction fréquent. Les syndics israéliens sont souvent peu réactifs aux demandes de changement de coordonnées. Il faut insister et fournir une preuve de votre statut d’héritier. Pour l’arnona, la mairie de Netanya est plus centralisée. Vous pouvez effectuer les démarches en ligne sur le portail municipal, mais il faut d’abord que votre nom soit enregistré comme propriétaire. Tant que le tabou n’est pas mis à jour, vous êtes dans une zone grise. Nous recommandons de payer les charges courantes sur votre propre compte pour éviter les pénalités de retard, puis de récupérer les montants lors du règlement de la succession.

Le transfert des fonds vers la France : virements et change

  • Le virement international : une fois les loyers encaissés sur votre compte israélien, vous pouvez effectuer un virement SWIFT vers votre banque française. Le délai est de 2 à 5 jours ouvrés. La banque israélienne appliquera des frais de virement et une marge de change. Le taux de change est celui du jour de la transaction.
  • La conversion de devises : vous recevez des shekels (NIS) et vous voulez des euros (EUR). La banque convertit automatiquement. Vous pouvez aussi demander un virement en shekels si votre banque française accepte les comptes multi-devises, mais c’est rare. La plupart des banques françaises convertissent en euros à la réception.
  • La déclaration des mouvements de capitaux : en France, vous devez déclarer les mouvements de capitaux supérieurs à un certain seuil (actuellement 15 000 euros) sur le formulaire 3916. En Israël, la banque signale les virements internationaux à la reshut ha-misim. Assurez-vous que les montants correspondent aux loyers encaissés pour éviter tout contrôle fiscal.

Le transfert de fonds est la dernière étape, mais c’est celle qui pose le plus de problèmes fiscaux. La banque israélienne vous demandera la nature des fonds. Vous devez indiquer « loyers » ou « revenus locatifs ». Ne jamais indiquer « donation » ou « investissement ». Si les montants sont élevés, la banque peut demander une justification. Le taux de change est fixé par la banque, qui ajoute une marge. Pour minimiser les frais, effectuez des virements moins fréquents mais plus importants. En France, la banque vous créditera en euros. Vous devez ensuite déclarer ces revenus dans votre déclaration de revenus française. La convention fiscale permet de déduire l’impôt payé en Israël, mais il n’y a pas d’impôt sur les loyers en Israël pour les résidents non-résidents dans certains cas. Vérifiez votre situation spécifique avec un fiscaliste.

Les pièges à éviter et les erreurs fréquentes

  • Ignorer le tsav yerusha : certains héritiers pensent pouvoir gérer le bien sans attendre l’ordonnance de succession. C’est une erreur. Sans ce document, vous n’avez aucun pouvoir légal pour engager le bien ou percevoir les loyers au nom de la succession. Vous êtes en situation irrégulière.
  • Ne pas mettre à jour le bail : laisser le bail au nom du défunt est une faute. En cas de litige, le locataire peut contester la légitimité de l’héritier. Un bail à jour, signé par l’héritier et le locataire, est la meilleure preuve de votre droit de perception.
  • Oublier la déclaration fiscale : ne pas déclarer les loyers en Israël et en France est une fraude. La reshut ha-misim échange des informations avec le fisc français. Les contrôles croisés sont de plus en plus fréquents. La non-déclaration entraîne des pénalités lourdes et des intérêts de retard.

Les erreurs les plus coûteuses sont celles liées à la négligence administrative. Beaucoup de propriétaires francophones gèrent leur bien à distance sans comprendre la rigidité du système israélien. Ils pensent que la proximité géographique ou la relation de confiance suffit. Ce n’est pas le cas. Le droit israélien est formel. Tout doit être écrit, signé et enregistré. Nous recommandons de confier la gestion quotidienne à un professionnel. Notre gestion locative à Netanya permet de gérer ces aspects techniques, y compris la modification des baux et le suivi des charges. Pour les propriétaires qui gèrent eux-mêmes, il est crucial de suivre un guide de renouvellement de bail adapté au contexte local, même si votre bien n’est pas à Asdod, car les principes sont les mêmes.

Le rôle du professionnel et la gestion à distance

  • Le mandataire local : si vous ne pouvez pas vous rendre en Israël, vous devez désigner un mandataire. Ce peut être un avocat, un notaire ou une société de gestion. Le mandataire agit en votre nom sur la base d’une procuration. La procuration doit être spécifique : elle doit autoriser le mandataire à percevoir les loyers, à payer les charges, et à engager le bien pour des réparations.
  • La société de gestion : une société de gestion locative comme GII peut assurer la gestion complète. Elle encaisse les loyers sur son propre compte ou sur un compte dédié, déduit ses honoraires, et vous reverse le net. Cette solution est la plus simple pour un propriétaire résidant en France. Elle évite les allers-retours bancaires et les complications administratives.
  • Le suivi des réparations : le locataire peut demander des réparations. Le propriétaire doit y répondre dans un délai raisonnable. Si le propriétaire ne répond pas, le locataire peut parfois déduire les coûts de ses loyers, mais c’est risqué pour lui. Un professionnel gère ces demandes et fait intervenir un professionnel pour une bedek bayit (inspection du bâtiment) si nécessaire, pour documenter l’état des lieux et justifier les réparations.

La gestion à distance est possible, mais elle exige une infrastructure solide. Un simple mandataire familial peut ne pas avoir les compétences pour gérer les litiges locatifs ou les obligations fiscales. Une société de gestion professionnelle a les ressources pour interagir avec les banques, les mairies et les tribunaux. Elle connaît les spécificités de Netanya et des villes côtières. Elle peut aussi gérer la mise en location en cas de vacance locative. Le coût de la gestion est un investissement qui protège votre patrimoine. Nous conseillons de comparer les offres et de vérifier la réputation de la société. La transparence sur les honoraires et les comptes rendus mensuels est essentielle.

Ne laissez pas les loyers couler dans le vide. Dès le décès, contactez la banque pour geler le compte du défunt et ouvrir un compte temporaire. Faites établir le tsav yerusha rapidement. Modifiez le bail pour y inscrire votre nouveau compte. Déclarez vos revenus locatifs en Israël et en France. La rigueur administrative est la seule protection de votre patrimoine en Israël.

GII, Gestion Immobilière en Israël

Gestion locative en Israël pour propriétaires francophones. Bureaux à Netanya, 26 Dizengoff. Une question sur votre bien ? Écrivez-nous.

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