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26 Dizengoff, Netanya
GIIGestion immobilière en Israël

27 septembre 2026 · Marché immobilier

Un copropriétaire refuse de vendre l’appartement hérité : procédure en Israël


En Israël, un copropriétaire qui refuse de vendre bloque la mutation de l’immeuble, mais ne bloque pas la procédure de partition. Le tribunal civil peut ordonner la vente forcée aux enchères publiques de l’appartement entier. La clé de la résolution réside dans la vérification préalable de l’ordonnance de succession et la sécurisation de la transaction via un billet à ordre, plutôt que dans une simple négociation amiable souvent vouée à l’échec si les intérêts divergent.

La réalité du tabou : comprendre la copropriété indivise

En France, l’indivision est souvent tolérée comme un état transitoire. En Israël, le tabou (registre foncier) reflète une indivision qui paralyse l’actif. Tant que tous les héritiers ne sont pas d’accord, aucune mutation unique n’est possible. Le refus d’un seul copropriétaire fige le bien. Contrairement au droit français où l’attribution en propriété avec soulte est fréquente, la procédure israélienne privilégie la vente aux enchères si le consensus échoue.

Il faut identifier la nature du refus. S’agit-il d’une stratégie de négociation pour obtenir une part supérieure, ou d’un refus catégorique de toute liquidation ? Si c’est un refus stratégique, une cession de droits peut être négociée. Si c’est un refus catégorique, la voie judiciaire est inévitable. Le tabou empêche tout transfert partiel sans l’accord de tous. Un héritier ne peut pas vendre sa part à un tiers sans que les autres héritiers n’aient exercé leur droit de préemption, ce qui complique la liquidation rapide. La différence fondamentale est que l’indivision israélienne est un obstacle juridique actif, pas un simple état de fait.

Vérifier la validité de la succession : le tsav yerusha

Avant toute démarche, vérifiez que l’ordonnance de succession (tsav yerusha) délivrée par le tribunal de la famille est à jour. Si le défunt a laissé un tzava’a (testament), ce dernier prime sur la loi de succession, même en cas de conflit familial. En l’absence de testament, la loi israélienne répartit les parts selon des règles précises qui diffèrent du code civil français. Le refus de vendre peut cacher une contestation des parts allouées. Il faut s’assurer que le copropriétaire récalcitrant ne conteste pas la validité de la succession elle-même.

Si la succession est contestée, aucune vente n’est possible. Le tribunal de la famille doit trancher. Nous vérifions la conformité du tsav yerusha avec les documents d’identité (teoudat zeout) des héritiers pour éviter tout blocage administratif au tabou. Une erreur dans l’identification des héritiers ou dans le calcul des parts rend l’acte de vente invalide. La vérification doit porter sur la date de délivrance de l’ordonnance et la liste exhaustive des bénéficiaires. Si un héritier mineur est concerné, la procédure est différente et nécessite la validation du tuteur légal. Cette étape est critique car un tsav yerusha annulé ou modifié postérieurement invalide toute transaction antérieure.

La négociation préalable : fixer le prix et le mécanisme de paiement

Proposez une vente de la part indivise au copropriétaire récalcitrant. En Israël, un copropriétaire peut racheter la part de l’autre, mais le prix doit être déterminé objectivement. Sans accord, c’est le tribunal qui fixera le prix lors de la partition. Le mécanisme de paiement doit être sécurisé. Contrairement à la France où la soulte est souvent versée comptant, en Israël, on utilise souvent un shtar ‘hov (billet à ordre) signé par l’acheteur de la part, avec un arev (garant). Cela sécurise la créance de l’héritier qui vend sa part. Le shtar ‘hov n’est pas une assurance, mais une reconnaissance de dette exécutoire.

Négociez le partage des frais de transaction. Le mas rechisha (taxe d’achat) et les frais de notaire sont généralement à la charge de l’acquéreur de la part. Si le copropriétaire refuse d’acheter, il doit assumer les frais de procédure judiciaire qui suivront. Il est crucial de définir le prix de référence. Vous pouvez faire appel à un évaluateur agréé pour établir une valeur marchande. Ce document servira de base aux négociations. Si le refus persiste, ce document servira également de preuve devant le tribunal. La négociation doit porter sur le montant, le délai de paiement et la garantie. Un accord écrit précisant ces trois points est indispensable avant de signer quoi que ce soit.

La procédure de partition : l’action en justice

Si la négociation échoue, l’héritier peut saisir le tribunal civil d’une action en partition. Le juge n’a pas le pouvoir de forcer un copropriétaire à vendre, mais il peut ordonner la vente aux enchères publiques de l’immeuble entier. C’est une différence majeure avec la France : en Israël, la vente forcée est la solution de dernier recours. Le produit de la vente est ensuite réparti entre les héritiers selon leurs parts, déduction faite des dettes et des frais. Le tribunal peut désigner un expert pour évaluer la valeur de l’appartement. Ce n’est pas une « expertise obligatoire » au sens français, mais une mesure d’instruction. Le prix de vente aux enchères est souvent inférieur à la valeur marchande, ce qui pénalise tous les héritiers.

La procédure est longue. Elle implique des audiences, des expertises et des appels possibles. Le but de l’action n’est pas de punir le copropriétaire récalcitrant, mais de débloquer l’actif. Le tribunal privilégie la vente aux enchères car elle garantit une transparence et un prix de marché. Les héritiers peuvent acheter la part de l’autre lors de ces enchères, mais ils doivent avoir les fonds disponibles. La décision du tribunal est exécutoire. Le tabou sera mis à jour après la vente. Cette voie est coûteuse et stressante, mais elle est la seule option légale si le consensus est impossible.

Gérer l’occupant : le locataire ou l’héritier résidant

Si l’appartement est loué, le bail survit à la procédure de partition. Le locataire paie le loyer aux héritiers. Si l’un des héritiers réside dans l’appartement, il doit être traité comme un occupant sans droit de propriété exclusive. Il doit verser une indemnité d’occupation aux autres héritiers. Cette indemnité est calculée sur la base du loyer moyen du marché. Le refus de payer cette indemnité peut être contesté devant le tribunal. La présence d’un héritier résidant complique la vente aux enchères, car l’acquéreur doit accepter l’occupation existante ou engager une procédure d’expulsion.

Si l’appartement est vide, la gestion des charges est à répartir. Les vaad bayit (charges de copropriété) et l’arnona (taxe municipale) doivent être payés par les héritiers au prorata de leurs parts. Le défaut de paiement peut entraîner des pénalités et une inscription au tabou. Il est recommandé de désigner un mandataire pour gérer ces paiements. Si vous envisagez de investir en Israël, la gestion de l’occupant est un point central. La loi ne protège pas l’héritier résidant contre la vente, mais il bénéficie d’un délai pour quitter les lieux. Ce délai est fixé par le tribunal. Il est crucial de documenter l’état de l’appartement avant toute procédure.

Les frais et les impôts : qui paie quoi ?

La partition génère des frais juridiques et fiscaux. Le mas shevach (impôt sur la plus-value immobilière) s’applique si la valeur de l’immeuble a augmenté depuis l’acquisition par le défunt. L’administration fiscale (reshut ha-misim) exige un calcul précis de la plus-value. Les héritiers peuvent bénéficier d’exonérations partielles sous conditions. Il est essentiel de consulter un fiscaliste avant de vendre. Le mas rechisha est payé par l’acheteur final, qu’il soit un héritier ou un tiers. Les frais d’avocat et de notaire sont partagés ou supportés par la partie perdante dans la procédure, selon la décision du juge.

Le tableau ci-dessous résume la répartition typique des frais lors d’une vente forcée :

Type de frais Responsable Commentaire
Frais d’avocat Chaque héritier Partagés au prorata des parts
Frais de notaire Acheteur final Inclus dans le prix de vente
Mas rechisha Acheteur final Calculé sur la valeur du bien
Mas shevach Vendeur (héritiers) Calculé sur la plus-value
Frais d’expertise Tribunal / Héritiers Avancés par la partie demandant l’expertise

La gestion de l’arnona est un point sensible. Voir notre article L’arnona lors de la vente d’un appartement en Israël pour comprendre comment cette taxe est calculée et payée lors d’une mutation. Le non-paiement de l’arnona peut bloquer la vente. Il faut s’assurer que tous les montants dus sont réglés avant la signature de l’acte.

Après la signature : qui gère le bien ?

Une fois l’acte signé, le nouveau propriétaire prend possession de l’appartement. Si vous êtes l’acheteur final, vous devez organiser la remise des clés. Si vous êtes un héritier qui a racheté la part de l’autre, vous devenez propriétaire unique. La question est alors : que faire du bien ? Si vous n’habitez pas en Israël, vous ne pouvez pas le surveiller. Qui trouve le locataire ? Qui répond quand une canalisation lâche un vendredi ?

La gestion locative est une nécessité pratique. Vous ne pouvez pas gérer à distance un bien en Israël sans un interlocuteur local fiable. Nous proposons notre gestion locative pour prendre en charge ces aspects. Cela inclut la recherche de locataires, la signature des baux, la gestion des vaad bayit et l’entretien courant. Si le locataire actuel refuse de quitter l’appartement malgré la vente, c’est un problème différent. Voir notre article Locataire refuse de quitter l’appartement en Israël : que faire ?. La transition de la copropriété indivise à la propriété unique ou à la gestion locative doit être planifiée. Le mamad (pièce sécurisée) et le doud shemesh (chauffe-eau solaire) doivent être vérifiés lors de la remise des clés. La bedek bayit (inspection du bâtiment) par un professionnel est recommandée pour constater l’état des lieux avant la location ou l’habitation.

Ne laissez pas la copropriété indivise s’éterniser. Le tabou bloque la valeur de l’actif. Vérifiez votre tsav yerusha, sécurisez la négociation avec un shtar ‘hov, et préparez-vous à la procédure judiciaire si le consensus échoue. La vente forcée est une solution, pas une menace. Agissez vite pour préserver la valeur de votre investissement.

GII, Gestion Immobilière en Israël

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